Le morse

 

Le morse, Odobenus rosmarus, est issu de la famille des Odobenidae. C’est l’unique mammifère marin de sa famille. Il a des caractéristiques uniques qui le rendent reconnaissable facilement, à savoir : ses défenses, ses moustaches et son allure imposante. Par le passé, il a porté des noms divers comme, « vache de mer », « cheval de mer » ou encore « bête à grandes dents ».

Le morse est principalement présent dans les eaux peu profondes de l’océan arctique aux abords de côtes. Il passe la majeure partie de son temps sur des plaques de glace et des icebergs qui lui servent de plate-forme de repos ainsi que de point de départ pour se nourrir.

Famille de morses – Archipel François-Joseph

 

C’est un animal sociable qui joue un rôle clé dans l’écosystème marin Arctique. Il est classé depuis 2016 par l’UICN comme vulnérable. Selon la dernière évaluation de 1990, l’effectif mondial serait d’environ 200 000 individus.

Dimensions et caractéristiques

Le morse mâle pèse généralement entre 800 et 1 800 kg. La femelle est plus petite est pèse un tiers de moins. Le mâle mesure environ 3.2 mètres et la femelle 2.7 mètres. Ceci en fait le deuxième plus grand pinnipède derrière l’éléphant de mer.

Ses longues défenses, en font l’une de ses principales caractéristiques. Ces dernières, en ivoire, font environ 70cm de longueur. Elles sont présentes autant chez la femelle que le mâle, bien que pour ce dernier elles soient plus longues. Elles sont principalement un signe extérieur de puissance et dominance. Le morse n’en a pas besoin pour chasser ou se nourrir.

Le jeune morse est brun foncé, virant au brun-claire et finalement jusqu’à une teinte rose au fur et à mesure de son vieillissement.

Le morse nage à une vitesse de moyenne 7 km par heure mais peux atteindre les 30 à 35 km par heure si nécessaire. Comme l’otarie, le morse utilise ses nageoires pour « marcher à 4 pattes ». Il peut également utiliser ses défenses comme aide pour se déplacer ou pour se hisser sur une plaque de banquise.

Alimentation

Le morse se nourrit principalement de benthos, un mollusque bivalve, son aliment favori. Il se nourrit également de différents crustacés et de petits poissons.

Il est capable de plonger pendant plusieurs dizaines de minutes et atteindre ainsi des plateaux marins d’une profondeur de 80 mètres. Il consomme plusieurs centaines de mollusques et de crustacés par jour, ce qui fait entre 20 et 30 kg de nourriture journalière.

Il emploi ses vibrisses hypersensibles pour dénicher ses proies et les captures avec ses puissantes nageoires. Il aspire ensuite la chaire des mollusques avec ses lèvres et sa langue.

Prédateurs

Le morse n’a que deux prédateurs potentielles, l’orque et l’ours blanc. Il ne constitue toutefois pas une part importante de leurs alimentations. L’ours n’attaque le morse que rarement. En effet ce dernier est capable, avec ses défenses, de blesser gravement l’ours. De plus, l’ours a de grande difficulté à venir à bout de la peau épaisse et très résistante du morse pour atteindre sa chair.

Les morses d’une même colonie se protègent entre eux. Si un individu se trouve en situation de danger, d’autres s’unirons afin de lui venir en aide.

Communication et vie sociale

Les morses vivent généralement en grand groupe bien qu’il soit parfois possible d’observer des individus isolés sur des plaques de banquise.

En colonie, ils apprécient d’être entassés les uns contre les autres. Il règne dans les colonies une hiérarchie imposée par les mâles les plus gros et possédant les plus longes et les plus belles défenses. En dehors des périodes de reproductions les mâles adultes vivent généralement séparés des femelles et des jeunes qui n’ont pas encore atteint leurs maturités sexuelles.

Reproduction et espérance de vie

Le morse mâle atteint sa maturité sexuelle vers 7 ans. Le cycle de reproduction ne démarre toutefois généralement pas avant la quinzième année. Ceci, afin d’avoir atteint une maturité physique totale pour être à même de conquérir une femelle de la colonie.

L’accouplement a lieu entre les mois de janvier et de mars, après l’acte de séduction et parfois un combat entre mâles concurrents. La période de gestation est d’environ 15 mois et la naissance à lieu sur la terre ferme ou sur la banquise entre avril et juin. Le petit pèse à la naissance environ 60 kg pour atteindre près de 200 kg après 1 an. Les mères s’occupe de leurs petits généralement pendant 3 ans et parfois jusqu’à 5 ans. Une particularité est l’adoption des petits morses orphelins par d’autres « mamans » morses. Compte tenu de la longue durée de gestation les femelles ne sont fécondables qu’au maximum tous les 2 ans.

Répartition et habitat

Les morses du Pacifique sont principalement présents aux alentours du détroit de Bering ainsi que dans la mer du même nom. Soit, de l’île Wrangel ainsi qu’au nord de l’Alaska et ceci jusqu’au nord du Kamchatka en fonction des saisons.

Les morses de l’Atlantique sont présents dans l’Arctique canadien, le Groenland, l’archipel du Svalbard, l’archipel François-Joseph et l’Arctique russe.

Jeune morse protégé dans sa colonie – île de Kvitøya – Svalbard

Menaces

Pendant des années la principale menace venait de l’exploitation des morses par les chasseurs pour son ivoire (dents et défenses) et pour sa graisse. Dès 1960, les États-Unis et la Russie ont pris des mesures en interdisant la chasse dans les zones d’habitation de l’animal. Bien que classifié « vulnérable » par l’UICN depuis 2016, le morse est passé très proche de l’extinction dans la région Atlantique. Bien qu’ayant un statut critique, quelques milliers de morses sont toujours abattus chaque année dans le cadre de « chasses réglementées ».

Le réchauffement climatique et son impact sur la banquise sont très préoccupants. En effet, les morses ont besoins de la banquise comme plateforme de reproduction ainsi que comme base de pêche et de repos. Le recul de la banquise à un effet direct sur le taux de reproduction du morse. Les femelles allaitantes étant contraintes de parcourir des distances de plus en plus longues pour se nourrir.

Le réchauffement pourrait également avoir un impact sur la nourriture du morse qui aurait tendance à se raréfier. Parallèlement, la pollution, notamment par les hydrocarbures présents dans les mers pourrait avoir un effet néfaste sur le développement de la faune marine de l’Arctique dont le morse.

Quelques images